Archives mensuelles : avril 2009

Portrait: Abu Beida

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L’homme venu du Sud

Abu Beida est le talentueux caméraman de l’équipe d’Al Khadir de Nadjaf, la ville sainte des chiites . À douze ans, un Rolleiflex autour du cou, il décide de devenir photographe.
Abu découvrira la caméra en 1979 – l’Eclair Coutant 16mm – pendant son service militaire à Bagdad. Il est alors affecté à l’unité service cinématographique de l’armée irakienne. Quand la guerre Iran-Irak éclate, le jeune caméraman est sur le front et, un an plus tard, il décide de déserter.
« Grâce à de faux papiers, j’ai travaillé dans tous les domaines du cinéma: documentaire, fiction…changeant souvent de ville comme un clandestin ».

En 1992, revenu à Nadjaf, il ouvre un labo photo. Mais à ce moment-là: « La garde républicaine de Saddam Hussein a eu l’aval des Américains pour venir réprimer les moudjahiddines qui s’étaient soulevés à l’appel de Georges Bush père. Ils ont tué les milliers de jeunes combattants et des enfants, des femmes… ».
Jusqu’en 2003 les chiites survivent comme ils le peuvent. « On était tellement opprimé qu’on s’accrochait à n’importe quoi. » C’est vers la religion, l’Islam, que la grande majorité des opprimés se sont tournés.
« Malgré la trahison de Bush père, j’ai applaudi l’intervention américaine qui allait chasser Saddam Hussein. Puis nous avons plongé vers un destin inconnu. »

Aujourd’hui la petite caméra DV a remplacé les grosses 35mm, mais Abu a tourné  « L’eau des Maadans » avec de vrais plans de cinéma. Et demain ? L’homme du Sud a un projet de documentaire dans sa poche, dont la plupart des images ont déjà été tournées au cours de l’atelier DoKu3. Abu souhaite montrer la relation surprenante qui s’est créé entre les membres de son équipe, des chiites et ceux de Salah al din, des sunnites.

Abu Beida invite DO.KU à mettre en place un atelier à Najaf. « Inch’Allah, dans un an, ça devrait être possible, et soyez sûrs que nous allons vous aider. Moi je vois un avenir fleuri pour l’Irak. »

English version

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Jour « J »

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4h du matin…

Quelques « survivants » s’activent encore pour la préparation de la projection.

L’image retrouvée

L’IMAGE RETROUVÉE

Un entretien imaginaire avec Alice et Pascal.

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Q. Après visionnage des « ours », on a remarqué beaucoup d’ interviews dans presque tous les films…

A&P : Les réalisateurs construisent le récit à partir des interviews. Ils ne font pas confiance aux images! Ils les utilisent principalement en illustration alors qu’elles ont un potentiel narratif bien plus important. Il faut donc leur montrer comment les paroles ont tendance à réduire la construction du sens, en appauvrissant les différentes significations des situations filmées.

Q. Comment démonter ce système de récit ?

A&P : Quand c’est possible, on retravaille directement les séquences avec les monteurs: dans un premier temps, il s’agit de redonner aux séquences d’ambiance et d’activités leurs autonomies dans le film. Les situations qui peuvent sembler anodines reprennent leur part dans la narration et elles allégent le poids des paroles. Par la suite, on utilise une méthode simple et assez efficace: on construit chaque situation qui nécessite des paroles, en commençant par poser une série de plans sans paroles. À partir des plans qui se prêtent à ce « jeu » (un gros plan de personnage, un travelling sur un personnage,…), la voix-off du personnage libère l’enchaînement des informations utiles pour la progression du récit.

Q. On dirait que souvent les informations délivrées par les sons et les images sont synchrones.

A&P : C’est vrai! On nomme ce qu’on montre (ce qui vient, bien entendu, de l’expérience du reportage). Pour changer cette forme de compréhension – et montrer en pratique l’intérêt du décalage image/son – les réalisateurs et les monteurs sont invités à bouleverser constamment les débuts et les fins des séquences.

Q. Au début les réalisateurs ont écrit une sorte de scénario…

A&P : Oui, et par la suite ils respectent excessivement l’ordre des séquences! Nous avons insisté pour que la progression du récit s’appuie sur l’intérêt et la différence de potentiel entre les différentes matières filmées.

Q. Il y a beaucoup d’effets: fondus, ralentis…

A&P : L’ajout systématique de certains effets visuels et sonores sur les plans (ralentis, recadrages, zooms, sons post-synchronisés…) souligne artificiellement les sentiments des personnages et les émotions portées par les images et les sons. Cette recherche de l’émotion peut se construire autrement, par l’assemblage de certains plans bien choisis.

Q. En quelques mots, quel est le but de votre travail ?

A&P : En accompagnant les montages, nous essayons d’aider les équipes à se détacher d’une culture dominante, issue de la télévision. Celle-ci conditionne le spectateur avec le recours au « spectaculaire ».
Nous travaillons sur comment retrouver des sensations liées aux détails des images et des sons. Chaque spectateur aura accès ainsi à un imaginaire libéré de tout formatage qui fait écho à son propre vécu. Ambitieux, n’est-ce pas ?

Q. Merci!

Portrait: Rizgar Mustafa

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Mémoire de Peshmerga

Rizgar, interprète franco-kurde pour l’IKF, est aussi chargé du musée de la Prison Rouge, dédié à la mémoire des dissidents de Saddam qui y furent enfermés et torturés.

Sa vie en quelques dates:

1979, Irak : « C’est la plus belle période de ma vie… Comme beaucoup de jeunes, je voulais être un héros de la résistance Kurde, de notre Histoire« .
Rizgar, dès son jeune âge, milite au nom de sa famille, de ses idéaux, de son peuple. Il se joint au groupe marxiste léniniste de l’époque, le Komala. Avec ses camarades, il veut mobiliser le peuple contre le Régime répressif du Baas.

1987, région de Karadar :
Engagé comme peshmerga, il assiste du haut des montagnes kurdes à l’Anfal : « J’ai vu des villages entièrement rasés. La vie et soudain… plus rien… On a voulu anéantir notre peuple. Mais nous devions résister. Nous avons occupé ces terres massacrées par Saddam« .

1990, Paris: Blessé au cours d’une bataille, Rizgar obtient une bourse pour étudier en France.

2008, Sulaymaniya: Aujourd’hui, Rizgar est amer : « Je désespère, Le présent  n’est pas à la hauteur du sacrifice de tous ceux qui ont donné leur vie: mes jeunes camarades de l’époque. L’esprit de résistance est en péril dans notre société qui ne fonctionne plus que pour le profit« .

Avant-goût

La projection des films de l’atelier Doku3 s’annonce…

Demain, le jour J!

Ce trailer réalisé par Ismaeel et Ahmad, pour vous donner un avant-goût des films de cette édition.

Patience…

The screening of DoKu3 is coming soon.

This trailer has been made by Imaeel and Ahmad.

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Deux jours avant la projection de Doku 3, l’affiche est arrivée!

D-2: The posters are ready to cover the city walls!

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Sulaymaniya « by night »… C’est Awat,  le réalisateur du film  » Le temps n’attend pas »,  qui signe cette belle photo…

Sulaymaniya « by night »…  It’s Awat the director of the film « Time doesn’t wait » who made this wonderfull photo…

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…et l’affichage commence dans le centre ville, grâce à Jaza, l’homme de toutes le situations. Ismaïl, le réalisateur de « La prison Rouge », en profite pour tourner une bande-annonce qui sera la carte de visite officielle de Doku 3 auprès de télés.

Hapsa, le retour

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Visite surprise d’Awrin Faraydun, camera woman et Shoxan Mahmud, co-réalisatrice du film Hapsa. Elle ont participé à DoKu 1 et aujourd’hui  elles se joignent à Tavga et Hechu pour écouter les conseils  de Baudouin : « Vos films doivent être vus, mais pour ça vous devez travaillez à leur diffusion ».

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Shoxan en profite pour voir le film « Il/Elle », produit par nos premières dames d’Irak, en cours de montage.

Ainsi les anciens et les nouveaux stagiaires tissent des liens.