Archives quotidiennes : mai 1, 2009

DoKu3 sur grand écran

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L’image libérée

Jeudi 30 avril: les 8 films réalisés par les stagiaires de DoKu3 sont projetés au Centre Culturel Roshenberi, devant environ 600 spectateurs, un record!

La projection reflète la diversité des équipes et la richesse des sujets:  la difficulté d’être femme,  la pollution de l’eau, la renaissance des marais irakiens, la naissance du Rap kurde,  les difficultés des jeunes pour trouver leur place dans la société,  les rapports homme/femme à travers la danse, …
Autant de thèmes dont il était impossible de parler ouvertement avant la chute de Saddam Hussein. En plein renouveau, aujourd’hui les sociétés kurde et irakienne sont confrontées au besoin de démocratie.

La parole est les images sont enfin "libérées".

Autour d’une passion commune – le cinéma documentaire – les habitants d’un pays divisé (sunnites, chiites, kurdes,…)  se sont vraiment “rencontrés”.

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Portrait: Yasser Sabih Rashyd

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Yasser Sabih Rashyd, réalisateur

"Si la situation est relativement calme à Tikrit, un tournage à Tuz, Beiji, Belad ou Samarra représente toujours un danger pour une équipe de télévision. Nous sommes des cibles privilégiées pour Al Qaida".

Yasser Sabih Rashyd travaille pour Salah al din TV, une télévision arabe sunnite basée à Tikrit, la ville de l’ancien dictateur, qui diffuse sur tout le monde arabe par satellite.

Dans le cadre de l’atelier Doku3, Yasser réalise « Les poisons de Beiji », une plongée dans un domaine inédit en Irak: les menaces contre l’environnement.

Le film sera diffusé dans l’émission de reportage qui s’intercale entre le journal télévisé et les programmes en direct – variétés ou talk-show – qui précèdent le film, en général film d’action américain.

« Le documentaire, c’est une première pour nous. Nous faisons du reportage et la chaîne diffuse des docs achetés en Syrie ».
Mais ça devrait changer : après l’atelier, Yasser veut réaliser un documentaire sur ce qui unit les irakiens, au delà des religions, des communautés.

"Le soir après le travail, nous les sunnites nous nous retrouvons avec l’équipe chiite de Najaf autour d’une chicha; nous travaillons avec des kurdes et des européens… Une petite défiance au début, mais nous nous sommes rendu compte que nous ne sommes pas très différents. Ce sont les politiques et les puissances étrangères qui veulent diviser ce pays. Les gens ordinaires n’ont aucun problème."

Le départ des Américains? Il faut d’abord se débarrasser d’Al-Qaida et de leur intolérance. Puis, bien sûr, il faut que ce pays revienne aux Irakiens.

Portrait: Awat Ali

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Awat Ali, 25 ans, journaliste et réalisateur indépendant.

Awat mène deux activités de front: auteur de films documentaires, il est aussi rédacteur en chef d’un magazine économique qui traite des relations internationales des entreprises Kurdes Irakiennes.

Il participe à l’atelier pour réaliser "Le temps n’attend pas", qui nous plonge dans l’univers des rappeurs de Sulaymaniya.

"Je souhaite montrer que la société Kurde a entâmé un changement qui a commencé en 1991. En 2003, fait son apparition la culture rap. Ces types tatoués sont évidemment peu tolérés ici. Notre film parle du choc entre la culture traditionnelle et ce nouveau phénomène, qui passionne garçons et filles ".

Il est très difficile de réaliser des films documentaires en tant qu’indépendant, mais Awat a fait son choix :  "Au Kurdistan d’Irak les télévisions appartiennent aux partis politiques et servent les propos de leurs dirigeants. Cela pose un véritable problème. Moi je préfère produire mes films avec l’argent que je gagne par ailleurs. "

Ce jeune réalisateur aux idées bien arrêtées sur ce qu’indépendant veut dire, a déjà réalisé deux films. Dans le premier il s’est intéressé au professeur d’origine Kurde de Saddam Hussein. Dans le suivant, il a recueilli les récits d’anciens peshmergas blessés dans la lutte contre le régime. "Je ne suis pas satisfait: il se trouve que mes films ne sont pas aboutis pour des questions matérielles", poursuit Awat. "Cet atelier, DoKu3, me permet de me perfectionner et de mener mon projet jusqu’au bout. "

En attendant avec impatience le Premier Festival d’Automne de Sulaymaniya, en préparation, il réfléchit déjà à son prochain film. Il va s’appeler "Mines City" et parlera de nombreuses victimes irakiennes des mines antipersonnelles.

English version

Awat Ali, 25 years old, reporter and independant filmmaker.

Awat works as a director of documentary films and as a line editor of an economist magazine.
In this workshop, Awat is making the film "Time doesn’t wait" which talks about rappers in Sulaymaniya.

"I want to show the change in Kurdistand of Iraq society since 1991. In 2003, a new thing appeared : rap culture. This kind of music, tatoos, and tags are not really appreciate in our place, but I am sure that’s the same everywhere in other countries. The film talks about contrast between traditional culture and this very new way of life".

It’s quite difficult to make films as an independant. But it’s his choice :  "in Kurdistan, the channels televisions use to work with politcal views. Everything is propaganda. It’s a real problem."

Awat has already directed two documentary films. The character of  the first one was the Saddam’s teacher who is Kurdish. The other film was about peshmergas. Unfortunatly, he couldn’t complete these because of material reasons : "by this workshop, DoKu3, I can improve my work and make a films in better conditions."

Awat believes in the choice he made… He is now waiting for the screeninf of DoKu3 and the first edition of the Sulaymanyia’s film festival. Awat is thinking about his next film… the topic is mines, personnal bombs.