Archives mensuelles : mai 2009

Néoréalisme à l’Irakienne

C’est sous ce titre que Paola Piacenza signe un long article (neorealismo_all_irachena_io_donna_0899372e-45fb-11de-8c01-00144f02aabc.shtml )sur Doku 3 dans "Il Corriere della Sera", l’un des plus importants quotidiens italiens.

Lisez-le : c’est un texte sensible, clair, qui montre que son auteur  a suivi "nos" équipes avec intérêt , compétence et… tendresse (Bientôt une version simplifiée et traduite en français et en anglais!!!)

. Une vidéo vous donne une idée de l’atmosphère de notre travail : quelques exemples tirés de nous cours.

Un grand merci, Paola!

Les films DoKu3: "Le ballon et la bombe"


"Le ballon et la bombe" / "The bullet"

un film de Karwan Shekhzada

équipe U-TV (télévision Kurde Irakienne)

image/camera: Ahmed Taha Muhammed . son/sound: Dydan majid Khedir . montage/editing: Dana Mustafa


Halabja. Salam avait 4 ans en 1988, quand a eu lieu le massacre d’Halabja: des bombes chimiques ont tué une grande partie de la population de la ville et les rescapées ont été marqués à vie, qui dans sa chair, qui dans son esprit. Avec ses amis, nés autour de 1991, il tente aujourd’hui de changer sa vie, mais la situation politique et économique ne le lui permet pas. L’ histoire de ce groupe de jeunes tourne autour d’un stade de foot où, dès qu’ils le peuvent, ils se retrouvent pour jouer. Mais… les plus riches ont la priorité et Salam et ses copains doivent patienter jusqu’à 23h. Le personnage principal travaille comme ouvrier pour payer ses études dans une école de commerce. Mais qu’est-ce qui l’attend une fois diplômé ? Peut-être la même injustice qu’il endure sur le terrain de football?

La bombe qui a explosé autrefois est dans la mémoire de tous, mais une "bombe" sociale est peut-être tapie dans le mécontentement d’un peuple qui ne voit pas changer son destin comme il le voudrait (et il le mériterait).


 

 

English version

Halabja , the martyred city seen from the football stadium. The poor players have to wait the night to to be able to practice. A story of social injustice.


Les films DoKu3: "L’eau des Maadans"


"L’eau des Maadans" / "Revival in the Marches"

un film de Haider Kamil Hassan

équipe Al Khadire TV (télévision Arabe Irakienne, Najaf)

 

image/camera: Swady Kasm Sun . son/sound: Nasir Muhammed Shahid . montage/editing: Mahdi Jamil Salh

 

Irak, près de Nassiryia. Au sud du pays, les marais ont été asséchés par le régime de Saddam Hussein dans sa lutte contre ses opposants. C’est ainsi qu’une culture millénaire liée  à la faune et à la flore d’une région entière, a commencé à disparaître.
A travers un chef de village qui réunit les habitants dans le Moudhif – l’habitation collective traditionnelle en roseaux – le film se concentre sur la nostalgie pour le Paradis perdu et le programme de réhabilitation lancé après la chute de Saddam et soutenu par la Communauté Internationale. Le chant des poètes irakiens se mêle aux voix des habitants des marais.

 

English version

The Iraqi Marches, the aquatic world between Tigris and Euphrates was surrounding the Eden garden of the bible. They were also the shelter of opposition guerilla in the 1990s. Saddam Hussein decided to dry a region larger than Switzerland.
But after his fall, water came back and the ancient civilization of the marches people try to rebirth.

 

Les films DoKu3: "Elle ou lui"

Pour des raisons de confidentialité, il nous est impossible de diffuser sur internet le film réalisé par l’équipe des femmes. Le personnage ne souhaite pas révéler sa véritable identité à la population de Sulaymaniya.

We are not able to show the film of the women’s team on the web. The character doesn’t want to be recognized by Sulaymaniya people.

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"Elle ou lui" / "She or he"

un film de Heshu Ahmad

équipe  Heshu Ahmad (indépendante Kurde Irakienne)

image/camera: Tavga Tufik . son/sound: Shilan Natek/Shvan Abdukarim . montage/editing: Shilan Natek


Le portrait tendre d’une femme qui a choisi une apparence d’homme, mais n’a pas réussi à se détacher entièrement de la fillette qu’elle a été. Aujourd’hui il/elle  se pose une question difficile : pourrais-je redevenir une femme ? Un trio de femmes pour brosser ce portrait tout en douceur.

English version

The loving portrait of a woman who chose man’s appearance, but did not succeed in breaking loose entirely from the little girl that she was. Today it / it settles a difficult question: could I become again a woman? A feminine trio to brush this portrait very gently.

Les films DoKu3: "Le poison de Beiji"


"Le poison de Beiji" / "Dark clouds over Beiji"

un film de Yasser Sabhi Rashyd

équipe Salah al din TV (télévision Arabe Irakienne, Tikrit)

image/camera: Ahmed Ibrahim . son/sound: Saif Al-Muhannad . montage/editing: Ali Saeed

 

Beiji, Irak. Dans la région de Tikrit, coule le Tigre – l’un des deux grands fleuves qui "nourrissent" l’Irak- pollué par le pétrole et par les scories de la plus grande usine thermoélectrique d’Irak: un monstre qui crache ses poisons au milieu du désert. Palmeraies séchées, enfants et adultes malades de cancer.Le film s’attache au combat d’un ingénieur – St. Georges contre le dragon ? – qui tente de sensibiliser la population et les autorités aux problèmes de l’environnement, dont il était impossible de parler ouvertement du temps de Saddam Hussein.

Tous les jours découvrez en ligne un nouveau film:

Demain "Il ou Elle"

English version

Beiji, one of the most polluted city of Iraq, near Tikrit, the city of Saddam Hussein. The Tigris river flows between the huge oil refinery, the most important power plant, and oil fields. On the banks, dead fishes, pollution burned palm trees, children and adults suffering from cancer. The film focuses on the struggle of an engineer. He seeks to educate the population and authorities to environmental concerns.

 

Every day discover a new film on line:

Tomorrow "She or He"

Les films DoKu3: "Une femme libre"


"Une femme libre" / "Seeking for freedom"

un film de Shvan Mustafa

équipe Khak TV (télévision Kurde Irakienne)

image/camera: Rebin Ahmed Muhamed . son/sound: Shvan Abdukarim . montage/editing: Pshtywan Muhammed Abdulha


Sulaymanyia. Sportive de haut niveau (triathlon), directrice de la prison de femmes à 24 ans, Shilan est aujourd’hui à la veille d’un départ pour l’étranger. Ses rapports avec les prisonnières et les gardiennes de la prison qu’elle dirige, sa carrière d’athlète…mais qu’y a-t-il derrière cette carrière exceptionnelle dans un Pays où la plupart des femmes sont voilées ? Au fil du récit, nous allons découvrir ses anciennes blessures d’enfant battue recueillie par l’Union des Femmes.

 

Tous les jours découvrez en ligne un nouveau film:

Demain "Le Poison de Beiji"

 

 

English version

Sulaymanyia. Triathlon champion, director of the women’s prison of Sulaimaniya, Shilan, 24, is an exception in a country where most of the women are veiled.
Behind the strength of the public image, we discover a fragile women dealing with the souvenir of a terrible childhood.


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Tomorrow "Dark clouds over Beiji"

Les films DoKu3: "La ruelle du thé"

 

"La ruelle du thé" / "A glass of tea"
un film de Azad Ali

équipe Kurd Kanal (télévision kurde Iranienne)

 

image/camera: Shorsh Ali . son/sound: Muhamad Anwar . montage/editing: Umed Hamza

Koya. La déception des jeunes après l’insurrection de 1991. À l’époque, le Kurdistan Irakien réunit son nouveau parlement. Mais le temps passe, les lendemains qui chantent sont relégués au passé, le peuple ne voit toujours rien venir et la dureté de la vie pourrait finir par tuer l’espoir.

 

 

Tous les jours découvrez en ligne un nouveau film:

Demain "Une femme fragile"

 

 

English version

Koya. The disappointment of the young persons after the insurrection of 1991. In epoch, Kurdistan Iraqi unites his new Parliament. The following days which sing are relegated to the past, the people still see nothing coming and the hardness of life could end up killing hope.

 

 

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Tomorrow " Seeking for freedom"

Les films DoKu3: "Danse avec la nuit"


"Danse avec la nuit"/ "Contact"

un film de Zemnako Karim

(Kurdsat, équipe télévision Kurde Irakienne)

image/camera: Kamal Muhamed . son/sound: Bestunali Abdulaha . montage/editing: Aryan Azad Sahl


Soulaymanyia. Vous rencontrerez un personnage qui est le petit-frère de Novecento, dans  La légende du pianiste sur l’océan, (un film adapté du très beau livre d’Alessandro Baricco). Les bastingages ont été remplacés par les murs d’une école de danse, et le piano par la musique et la danse. Dilshad quittera-t-il un jour  l’école qui l’a vu grandir, lui, et ses parents vieillir ? Il est en quelque sorte l’âme de son école, du moins pour Zemnako!

Tous les jours découvrez en ligne un nouveau film:

Demain "La ruelle du thé"


English version

Soulaymanyia. You will meet a character who is the young brother of Novecento, in La légende du pianiste sur l’océan, (a film made from the novel written byAlessandro Baricco).  Music and dance in a modern academy of art. Would Dilshad  leave one day the school where he has grown, where his parents are getting older? He is like the soul of this school, for Zemnako.

Every day discover a new film on line:

Tomorrow "A glass of tea"

Les films Doku3: "Le temps n’attend pas"

"Le temps n’attend pas" / "Time doesn’t wait"

un film de Awat Ali

(équipe indépendante Kurde Irakienne)

image/camera: Hemn Zahir . son/sound: Koshish Bakr . montage/editing: Anwar Ahmed

Soulaymanyia. Monter un groupe de Rap était impossible à envisager avant 2003. Aujourd’hui, sur les murs de la ville, les tags des rappeurs remplacent peu à peu les anciens graffitis contre Saddam et ça ne plait pas à tout le monde!

Le film interroge le rapport des membres du groupe "Les Empereurs" à leur environnement, leurs parents, la police, les autres rappeurs et les chanteurs traditionnels. L’histoire du Pays n’est jamais loin: le passé et le présent s’entrecroisent dans les paroles des chansons et dans les images d’archives choisies par le réalisateur.

Tous les jours découvrez en ligne un nouveau film:

Demain "Danse avec la nuit"

English version

Soulaymanyia. A few years ago, creating a rap band, was unthinkable in Iraq. Nowadays, on the city walls, tags of the rappers replace the old political graffiti’s against Saddam Hussein. But a lot of people doesn’t agree.

The film shows contrast between the rap group "The Emperors" and the society, families, police, traditionnal singers… The director wants to talk about past, present and future of his country throw archives and lyrics.

Every day discover a new film on line:

Tomorrow "Dancing with the night"

Do.Ku 3 n’est pas fini…

…ça ne fait que commencer!

Chers bloguers qui nous avez suivis jusqu’ici, continuez à nous lire, à nous écrire et… à nous regarder !

Bientôt les films seront en ligne mais, entre-temps, profitez-en pour lire les articles que vous avez ratés. Connaissez-vous l’histoire de Abu Beida, l’homme du Sud ?

Et qu’en est-il de celle de Rizgard le Peshmerga ? Avez vous "feuilleté" les films du premier atelier ? Et DoKu2 l’avez-vous parcouru de fond  en comble ?

Qu’est-ce que L’image retrouvée?

Si vous avez répondu NON ne serait-ce qu’à l’une de ces questions, c’est qu’il vous reste encore de la LECTURE!!!

LES FILMS! LES FILMS! On pourrait presque vous entendre. Ils sont en route, et vous ne risquez pas d’être déçus!

Petit rappel avant de les voir:

Tout d’abord le très beau film de Karwan Shekh Zade. "Le ballon et la bombe" . En suivant l’histoire de son personnage à Halabja (la ville victime de bombardements chimiques le 17 mars 1988), vous découvrirez que jouer une partie de football entre amis peut devenir la parabole de la situation d’un Pays . Constat amer que celui d’un jeune homme qui n’a ni futur ni présent dans un pays où les gouvernants font trop souvent la sourde oreille face aux exigences de leur peuple: cela ne vous rappelle rien ?

Attention! La bombe est déjà tombée, mais en quelque sorte elle est toujours là, quelque part, prête à exploser. Ce film est un bonheur de tendresse, de finesse, et d’invention. Des plans de cinéma, une réalisation rigoureuse et… de vrais silences!!!

À travers Dilshad, héro de  "Danse avec la nuit", réalisé par Zemnako Karim, vous rencontrerez un personnage qui est le petit-frère de Novecento, dans  La légende du pianiste sur l’océan, (un film adapté du très beau livre d’Alessandro Baricco). Les bastingages ont été remplacés par les murs d’une école de danse, et le piano par la musique et la danse. Dilshad quittera-t-il un jour  l’école qui l’a vu grandir, lui, et ses parents vieillir ? Il est en quelque sorte l’âme de son école, du moins pour Zemnako!

"Elle ou Lui", de Heshu Ahrmad, est le portrait tendre d’une femme qui a choisi une apparence d’homme, mais n’a pas réussi à se détacher entièrement de la fillette qu’elle a été. Le personnage a assisté à la projection et son regard clair balayait la salle: pas facile de montrer son vrai visage mais elle (il ?) n’a pas eu peur du regard des autres. Un trio de femmes pour brosser ce portrait tout en douceur.

Montez sur l’embarcation frêle qui parcourt ce qui reste du Marais irakien (jadis un paradis aussi grand que la Belgique). Le chant des poètes et celui, envoûtant, de "L’eau des Maadans", de Haider Kamil, venant de Nadjaf, vous guideront à travers l’histoire et le temps. Haider, à l’aide de son équipe, a lui même composé la musique du film.

"Le temps n’attend pas" (et oui, ça s’écrit comme ça!), du réalisateurs indépendant Awat Alì, a suscité l’enthousiasme des jeunes présents le soir de la projection, ravis de découvrir leurs idoles Rap sur grand écran et de les montrer à leurs parents sceptiques! Mais… L’histoire du Pays n’est jamais loin: le passé et le présent s’entrecroisent dans les paroles des chansons et dans les images d’archives choisies par le réalisateur.

"Une femme libre", de Shivan Mustafa, raconte la quête d’une jeune femme pour qui le sport est devenu la voie de la libération. Belle, attendrissante et néanmoins solide, aujourd’hui la jeune directrice de prison Shilan prend un avion pour Istanbul. Reviendra-t-elle un jour ?

Dans l’enfer du "Poison de Beji", de Yasser Sabih,un ingénier se lève, à Tikrit, seul contre tous, pour dénoncer les grandes entreprises pour qui l’environnement n’est qu’un mot parmi d’autres. Courageusement, c’est de l’usine pour laquelle il travaille qu’il parle en premier.  Ses tours menaçantes s’élèvent derrière le petit cimetière où reposent les victimes des cancers dus à la pollution (mais reposent-elles vraiment?) . L’eau du Tigre charrie les déchets qui empoisonnent les palmeraies et les orangeraies. Les habitants de Beji – quelle chance! – ont assez d’électricité pour ne pas traîner dans leur jardin. c’est très cher payé!

Azad Alì, dans "La ruelle du thé ", raconte la déception des jeunes après l’insurrection de 1991 . À l’époque, le Kurdistan Irakien réunit son nouveau parlement. Mais le temps passe, les lendemains qui chantent sont relégués au passé, le peuple ne voit toujours rien venir et la dureté de la vie pourrait finir par tuer l’espoir.

HUITS FILMS, certains plus réussis que d’autres, mais pour tous ce sont des irakiens qui racontent leur histoire présente (que ce soit des kurdes, des chiites, des sunnites, des hommes ou des femmes).

Tout cela a été rendu possible par un travail acharné:  des équipes qui ont écrit et tourné les films et de l’équipe (formateurs, traducteurs,chauffeurs, cuisiniers etc.)  qui les a accompagnés tout au long du chemin pendant un mois!  MERCI!

…à suivre

DoKu3 sur grand écran

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L’image libérée

Jeudi 30 avril: les 8 films réalisés par les stagiaires de DoKu3 sont projetés au Centre Culturel Roshenberi, devant environ 600 spectateurs, un record!

La projection reflète la diversité des équipes et la richesse des sujets:  la difficulté d’être femme,  la pollution de l’eau, la renaissance des marais irakiens, la naissance du Rap kurde,  les difficultés des jeunes pour trouver leur place dans la société,  les rapports homme/femme à travers la danse, …
Autant de thèmes dont il était impossible de parler ouvertement avant la chute de Saddam Hussein. En plein renouveau, aujourd’hui les sociétés kurde et irakienne sont confrontées au besoin de démocratie.

La parole est les images sont enfin "libérées".

Autour d’une passion commune – le cinéma documentaire – les habitants d’un pays divisé (sunnites, chiites, kurdes,…)  se sont vraiment “rencontrés”.

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Portrait: Yasser Sabih Rashyd

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Yasser Sabih Rashyd, réalisateur

"Si la situation est relativement calme à Tikrit, un tournage à Tuz, Beiji, Belad ou Samarra représente toujours un danger pour une équipe de télévision. Nous sommes des cibles privilégiées pour Al Qaida".

Yasser Sabih Rashyd travaille pour Salah al din TV, une télévision arabe sunnite basée à Tikrit, la ville de l’ancien dictateur, qui diffuse sur tout le monde arabe par satellite.

Dans le cadre de l’atelier Doku3, Yasser réalise « Les poisons de Beiji », une plongée dans un domaine inédit en Irak: les menaces contre l’environnement.

Le film sera diffusé dans l’émission de reportage qui s’intercale entre le journal télévisé et les programmes en direct – variétés ou talk-show – qui précèdent le film, en général film d’action américain.

« Le documentaire, c’est une première pour nous. Nous faisons du reportage et la chaîne diffuse des docs achetés en Syrie ».
Mais ça devrait changer : après l’atelier, Yasser veut réaliser un documentaire sur ce qui unit les irakiens, au delà des religions, des communautés.

"Le soir après le travail, nous les sunnites nous nous retrouvons avec l’équipe chiite de Najaf autour d’une chicha; nous travaillons avec des kurdes et des européens… Une petite défiance au début, mais nous nous sommes rendu compte que nous ne sommes pas très différents. Ce sont les politiques et les puissances étrangères qui veulent diviser ce pays. Les gens ordinaires n’ont aucun problème."

Le départ des Américains? Il faut d’abord se débarrasser d’Al-Qaida et de leur intolérance. Puis, bien sûr, il faut que ce pays revienne aux Irakiens.

Portrait: Awat Ali

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Awat Ali, 25 ans, journaliste et réalisateur indépendant.

Awat mène deux activités de front: auteur de films documentaires, il est aussi rédacteur en chef d’un magazine économique qui traite des relations internationales des entreprises Kurdes Irakiennes.

Il participe à l’atelier pour réaliser "Le temps n’attend pas", qui nous plonge dans l’univers des rappeurs de Sulaymaniya.

"Je souhaite montrer que la société Kurde a entâmé un changement qui a commencé en 1991. En 2003, fait son apparition la culture rap. Ces types tatoués sont évidemment peu tolérés ici. Notre film parle du choc entre la culture traditionnelle et ce nouveau phénomène, qui passionne garçons et filles ".

Il est très difficile de réaliser des films documentaires en tant qu’indépendant, mais Awat a fait son choix :  "Au Kurdistan d’Irak les télévisions appartiennent aux partis politiques et servent les propos de leurs dirigeants. Cela pose un véritable problème. Moi je préfère produire mes films avec l’argent que je gagne par ailleurs. "

Ce jeune réalisateur aux idées bien arrêtées sur ce qu’indépendant veut dire, a déjà réalisé deux films. Dans le premier il s’est intéressé au professeur d’origine Kurde de Saddam Hussein. Dans le suivant, il a recueilli les récits d’anciens peshmergas blessés dans la lutte contre le régime. "Je ne suis pas satisfait: il se trouve que mes films ne sont pas aboutis pour des questions matérielles", poursuit Awat. "Cet atelier, DoKu3, me permet de me perfectionner et de mener mon projet jusqu’au bout. "

En attendant avec impatience le Premier Festival d’Automne de Sulaymaniya, en préparation, il réfléchit déjà à son prochain film. Il va s’appeler "Mines City" et parlera de nombreuses victimes irakiennes des mines antipersonnelles.

English version

Awat Ali, 25 years old, reporter and independant filmmaker.

Awat works as a director of documentary films and as a line editor of an economist magazine.
In this workshop, Awat is making the film "Time doesn’t wait" which talks about rappers in Sulaymaniya.

"I want to show the change in Kurdistand of Iraq society since 1991. In 2003, a new thing appeared : rap culture. This kind of music, tatoos, and tags are not really appreciate in our place, but I am sure that’s the same everywhere in other countries. The film talks about contrast between traditional culture and this very new way of life".

It’s quite difficult to make films as an independant. But it’s his choice :  "in Kurdistan, the channels televisions use to work with politcal views. Everything is propaganda. It’s a real problem."

Awat has already directed two documentary films. The character of  the first one was the Saddam’s teacher who is Kurdish. The other film was about peshmergas. Unfortunatly, he couldn’t complete these because of material reasons : "by this workshop, DoKu3, I can improve my work and make a films in better conditions."

Awat believes in the choice he made… He is now waiting for the screeninf of DoKu3 and the first edition of the Sulaymanyia’s film festival. Awat is thinking about his next film… the topic is mines, personnal bombs.